Niele
Toroni est, en 1966 et 1967, l’un des protagonistes de BMPT (avec Buren,Mosset,
Parmentier), convergence temporaire de quatre artistes qui entendent
interroger de manière critique le sens de l’activité picturale. Niele Toroni
détermine la peinture, comme geste de non-recouvrement d’une surface, par des
Empreintes de pinceau n°50 répétées à intervalles réguliers de 30 cm.
Comme l’a suffisamment répété l’artiste, son projet échappe ainsi à
tout idéalisme ou à toute construction mythique de la peinture, comme on ne
saurait le réduire à la simple répétition mécanique de sa propre identité
sérielle. Les “empreintes” de Niele Toroni prennent en effet pour support,
non seulement des toiles tendues sur châssis, dans le dispositif classique de
la peinture de chevalet, mais également les murs des espaces d’exposition,
parfois encore des papiers journaux épinglés ou suspendus, des toiles libres
de différentes qualités, installées en fonction des contraintes des lieux
investis. Le lien du travail avec les contextes est par conséquent essentiel, même
si on ne saurait dénier aux œuvres une véritable autonomie, paradoxe qui
fonde certainement la richesse et la complexité de cette position artistique.