Né en 1930 à Villeurbanne de père suisse (Fribourg).
Très jeune il s’initie à la peinture auprès d’une académie lyonnaise dirigée par un disciple d’Albert Gleizes.
Arrivé à Paris en 1958, il fréquente l’académie de la grande chaumière et élabore lentement, en un cheminement solitaire, un style
personnel.
Les formes se simplifient, les couleurs se raréfient pour aboutir aujourd’hui à un jaune unique d’où émane une énergie lumineuse
incomparable.
Depuis 1970, date à laquelle un incendie détruit complètement son atelier, une partie de son activité s’oriente vers des commandes publiques
et des installations dans des espaces urbains.
Si l’on rapproche son œuvre actuelle du minimalisme ou de l’art construit, Stempfel considère ceux-ci, non pas comme un aboutissement, mais
comme un point de départ. Il les utilise comme sujet.
Souvent le motif minimal est décliné en séquences de plusieurs éléments qui bousculent l’ordre établi, métamorphosant, parfois, le tableau
en sculpture.
Ce transfert, par son côté insolite, n’est pas sans générer un humour subtil.
"Ces
oeuvres s'inscrivent au premier regard au sein des recherches formelles de
l'art géométrique. Elles en conservent même la rigueur et le dénuement. Mais
elles s'emparent de tous les registres , et sous l'apparence de les énoncer
clairement: tableau, plan, cadre, socle, sculpture, verticalité, pesanteur,
espace etc... elles instituent des glisssements inédits de l'un à l'autre. Toutes
les définitions, avec lesquelles jongle habituellement le spectateur, sont
caduques: elles ont subi un tel déplacement qu'il devient nécessaire de
recenser les indices pour reconstruire l'identité du visible. Le tableau
n'est plus espace bidimensionnel affirmé par une couleur mais cadre et vide;
vide qui réfléchit l'espace mural, cadre qui pointe les limites, se plie
pour engendrer une surface, se prête à l'inscription de la pesanteur, ou se
fragmente, cadre enfin qui se dit indice de ce qui s'absente."