Ses
premiers travaux se
placent dans
la mouvance de la Nouvelle Figuration. Il commence à exposer au début des
années 70 des oeuvres évoquant l'environnement urbain: magasins, drugstores,
stations-service, serres . Dans
ces oeuvres, Bernard Moninot met en concurrence l'espace réel et l'espace
fictif de la représentation., Les vitrines sont elles-mêmes mises sous verre
et le motif se dédouble sur deux plans troublant la vision, la perspective étant
à la fois réelle et représentée.
«A
l' origine de mon intérêt pour la peinture, il
y a une interrogation
qui concerne le rapport du regard au réel; cette problématique s'est
traduite par l'emploi d'un double motif; celui de la fenêtre et celui de la
chambre.» (B.M).
Après cet ensemble de «fenêtres», Bernard Moninot poursuit son travail
avec ses Chambres noires, dessins à l'encre de Chine, dans lesquels il interroge
le processus photographique, de l' enregistrement par l' appareil à la révélation
de l'image. Ce sont ses premiers travaux dans lesquels l'ombre et la lumière
deviennent le motif principal de l' oeuvre et qu'il va développer à partir
de cette période. Au début
des années 80, il utilise le verre comme support, en fixant sur l'envers,
noir de fumée, pigments variés, limaille de fer, silice ou poudre de
graphite pour évoquer des éléments d'architecture, les ombres d'étranges
outils de mesure ou de fragiles constructions métalliques.
A partir de 1992, il réalise la série des Ombres portées, techniquement
très différentes: des formes en métal émaillé projettent leurs ombres sur
le mur, évoquant des claustras ou des moucharabieh filtrant la lumière du
soleil de leurs découpes complexes.
Par ailleurs, il réalise le
studiolo, des
sortes d'outils à
mesurer le temps et l'espace sont posés sur des étagères de verre et
projettent leurs ombres géométriques sur les murs de la salle. Ce module vidéo comprend une séquence
dans l'atelier où Bernard Moninot nous décrit les appareillages fabriqués parlui pour obtenir les jeux d'ombres et de lumières.