Dans
les années soixante, Henri Maccheroni peint de grandes toiles post-surréalistes.
Travaillant par séries (les Mondes inachevés, les Nocturnes…), il explore
les mythes de la peinture occidentale : Eros, Thanatos, la Crucifixion,
la Ville et la peinture elle-même comme fondement d’une écriture esthétique.
À
partir de 1968, la photographie prend une place importante dans son œuvre.
Ici encore, l’approche en « séries » domine (2 000
photographies du sexe d’une femme, Crânes-Vanités, Grandes Suites archéologiques…).
La photographie se mêle à de nombreux collages et découpages
(Manhattan-gris). Henri Maccheroni pratique également la gravure (eau-forte,
pointe sèche, manière-noire).
Durant
les années soixante-dix, il participe à l’avênement de l’ art « socio-critique »
(L’Armoire aux bocaux, Cadeau pour les partisans de la peine de mort…).
Son
engagement l’amène à fonder, en 1982, avec son ami l'écrivain Michel
Butor, le Centre d’Art National de la Villa Arson dont il assure
personnellement la direction pendant les trois premières années, léguant
ainsi à la ville de Nice un des hauts lieux français de la création
contemporaine.
Henri
Maccheroni travaille de temps à autre avec des écrivains tels que
Michel Butor, Raymond Jean, Bernard Noël, pour des œuvres croisées. Son
cercle de fréquentations privilégie aussi poètes et philosophes :
Alain Borer, Pierre Bourgeade, Jean-Pierre Faye, Luc Ferry, Jean-François
Lyotard, Denis Roche, Jean-Claude Renard, Raphaël Monticelli. Il collabore également
à différentes revues : ARTitudes Internationales, Obliques, Opus
International, Silex, etc. Au total, plus de cent cinquante livres jalonnent
son parcours de peintre, photographe et graveur.
Il a participé à de nombreuses expositions de groupe en France et à l'étranger
et figure dans de nombreux ouvrages collectifs.