Après des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Bourges (1956-60), il
perturbe l’acte classique ou traditionnel de la peinture. Libre de tout
châssis, la toile, posée au sol, est imprimée à l’aide de ce que Jaccard
nomme des « outils » : objets naturels (plantes et insectes), papier, ruban,
puis à partir de 1971, cordes, ficelles, noeuds… Ces outils remplacent le
pinceau pour produire des traces sur la toile.
Vers 1973, il brûle ces outils contre la toile, qui porte ainsi la trace de
leur combustion.
De 1979 à 1981, une nouvelle série : Les anonymes calcinés, soumet à la
chaleur destructrice des toiles anonymes du XVIIe, XXVIIIe, XIXe et Xxe
siècles – portraits, scènes religieuses, puis des calicots publicitaires
de cinéma. La combustion attaque certaines parties de l’image pour en
laisser d’autres plus visibles.
La démarche de l’artiste se fonde sur une philosophie proche de
l’ésotérisme. A la pratique de la combustion, il associe un « matériel
» d’ordre rituel, primitif. La création par et dans le feu devient le
passage obligé d’une transmutation de la matière dont le résultat est
imprévisible et engendre une représentation plus ou moins abstraite.
A travers son action expérimentale, l’oeuvre de Jaccard participe à la
redéfinition du cadre structurel du tableau, ce qui, dans les années 70, le
rapproche des préoccupations du groupe Supports-Surfaces.