Née
en 1919 à Liège, Francine Holley-Trasenster ,
fortement
impressionnée par la jeune peinture française qu'elle découvre lors d'une
exposition à Bruxelles, décide alors de venir à Paris où elle rencontre
l'architecte Michel Holley qu'elle épouse en 1947. Elle entre dans l'atelier
d'André Lhote et fréquente le milieu artistique autour de Fernand Léger, de
Jean
Dewasne etEdgard
Pillet et s'inscrit à l'Atelier d'Arts Sacrés, où elle
apprend les techniques de la fresque.
C'est l'année 1950 qui voit Francine Holley-Trasenster entrer totalement dans
l'abstrait avec des formes géométriques en aplats avec des lignes, des
trames des graphismes plus ou moins soulignés tout en utilisant des couleurs
en juxtaposition, sans dégradé, de manière à faire vibrer la couleur.
Premières expositions à Paris au Salon des Réalités Nouvelles de 1951 à
1954.
A partir de 1955, son dessin devient plus complexe : les lignes s'amplifient,
les formes s'épaississent, et elle diversifie sa matière, en utilisant de
nouvelles techniques telles que la gouache, le collage, les pastels, les
encres sur papier mouillé qu'elle utilise à partir de 1960. En 1962,
l'architecte Raymond Lopez lui demande la création d'une fresque murale pour
la décoration de l'entrée de l'Ecole Technique Aéronautique de Ville
d'Avray. C'est à partir de là que sa réputation se consolide, alors qu'elle
poursuit ses recherches sur de nouveaux supports, tout en cherchant à
s'affranchir des cadres de la peinture.
Elle réalise des oeuvres sur bois " Les Bois découpés " où elle
utilise des toiles peintes marouflées sur des bois découpés, elle s'intéresse
également à la sérigraphie, fait des recherches sur l'utilisation du
polystyrène sous formes de maquettes enchâssées dans des boîte en
plexiglas, sur l'utilisation du formica ou sur les techniques de la
tapisserie, pour arriver dans les années 60 où s'intéressant également à
la sculpture, elle réalise des séries de grands dessins et maquettes qu'elle
appelle " Totems".
Les années 70 conduisent Francine Holley-Trasenster à s'intéresser à
la musique d'un point de vue pictural alors que celle-ci a toujours tenu une
place importante dans sa vie. Elle procède à la préparation de ses oeuvres,
comme le ferait un compositeur : avec de nombreuses études et variations préliminaires
avant de réaliser le tableau définitif, ce parralèllement à une
complexification formelle qui apparaît progressivement dans ses lignes, ses
dessins et graphismes, davantage abstraits, mais aux couleurs plus calmes,
plus nuancées.
Une nouvelle étape apparaît à partir de 1998, avec des séries en noir et
blanc où des formes plus simples, plus affirmées, plus synthétiques,
apparaissent à nouveau et dans lesquelles la couleur s'estompe au
profit de formes plus graphiques, qui pourraient faire penser à une forme de
calligraphie moderniste et minimaliste épurée dénuée de tout sens autre
que purement esthétique.